Impromptus légers

Pensées imagées et sans conséquence...

30 avril 2007

A la cour du lion

L_orateur

(Figurine de faïence du XVIIIs, musée du Petit Palais, et drapeau français)

Le film "Jean De La Fontaine", exagérement hypothétique et romancé, a cependant le mérite de souligner avec un brin d'ironie circonstanciée le rapport que les Arts entretiennent avec le Pouvoir. C'est en donnant la parole aux animaux que le poète montre cette dualité entre complaisance pour le plus fort et fidèlité à soi-même. L'un y gagne des avantages, l'autre garde sa liberté.
Le temps passe, le pouvoir aussi, mais cette dualité reste, qui cache, en fait, une autre préoccupation que les artistes adulateurs s'efforcent de taire. Car il leur est préférable de fermer les yeux sur leur véritable motivation qui révèle tant sur la profondeur de leur art, cette motivation dont le souci est "Comment vivre ?" et qui les distingue de ceux qui se demandent "Pourquoi vivre?".


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24 avril 2007

Aux murs citoyens

MissTic

(Collage de MissTic, avril 07)

En général, et plus encore ces jours-ci où on nous abreuvent d'images assorties de messages creux et démagos, on n'investit pas si facilement un bout de mur. De fait, la municipalité parisienne défend fermement l'uniformité grisâtre de ses facades, et les habitants se méfient de toute nouvelle assertion imposée sous leurs fenêtres. On s'en rend compte en pratiquant, comme ce fut le cas lors d'une soirée collage pour la cause artistique, aux frontières du XVIII et XVII arrondissement. Armée de seau de colle, pinceau, affiches et appareils photo, notre équipée peu discrète a donc du composer avec les regards en coin assortis d'un "C'est pour Ségo ou Sarko ?", l'attitude acide d'un squatt d'artistes un brin goguenard, la méfiance d'un galiériste prise de tête qui finit par s'approprier notre intervention, et des patrouilles de police particulièrement présentes aux alentours de la place Clichy. Mais aux vues des aphorismes illustrés, et aujourd'hui célèbres, ce sont plutôt des commentaires et des sourires approbateurs qui ont suivi notre parcours. Bien souvent on a collé pour accompagner des tags ou des affiches, pour appuyer ou faire contre-poids aux expressions libres d'autres artistes, ce qui a conduit à souligner davantage cette forme de parole non-officielle et, hélas, bien éphémère. Alors, quand vous vous baladerez dans Paris, puisque maintenant les trottoirs sont à peu prés propres, pensez à lever le nez. Car si on dit que les murs ont des oreilles, à les regarder de plus près on s'aperçoit qu'ils ont aussi de belles idées.

Et comme j'ai participé plus pour l'action en elle-même que pour les photos à en tirer, je vous renvoie chez "Francis", "Tatiana" et "Photigule" qui vont sûrement constituer de magnifiques albums de cette soirée très divertissante.

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22 avril 2007

Le chemin des urnes

la_plage1

(Plage de Yport, avril 07)

Dans mes souvenirs d'enfance, le vote électoral se déroulait avec une précision parfaite dans un espace immense, avec des isoloirs immenses, avec un sentiment d'importance immense. C'était un moment de calme et de fluidité où chacun enchaînait rapidement une série de gestes simples, le tout empreint de solennité. Comme à la messe. Mes souvenirs d'adulte ont juste été un peu nuancés sur les bords, avec des isoloirs plus étriqués, des installations plus sommaires, des salles plus petites... et beaucoup moins de solennité. Aujourd'hui je me suis étonnée, j'ai soupiré, j'ai souri et j'ai eu une curieuse impression: celle de voir la France, toute la France, venue à un rendez-vous sérieux qui se serait transformé en désorganisation complète.
Après quatres files d'attentes différentes je trouvais enfin le bon bureau, puis la queue des petits papiers suivis de l'isoloir. Le temps déjà de mesurer une pagaille surprenante: la nervosité de la dame aux bulletins qui me demande brusquement d'où je sors l'enveloppe bleue qu'elle vient de me donner, la sollicitude inquiète d'un intervenant chargé de pallier à la mauvaise signalisation des lieux en s'assurant que chacun a trouvé le bureau qui lui correspond, l'affolement de certaines personnes qui ne comprenant plus rien à la situation, ajoutent à la confusion générale par leurs questions. Enfin l'enveloppe bleue à la main je reprens une nouvelle file dont la longueur impressionnante est régulièrement coupée pour les femmes enceintes et les petits vieux à canne. Cette fois c'est la lenteur du préposé au registre, qui parait avoir déjà fêté les résultats, qui dénote. Une vieille dame qui vient de voter, perdue dans la foule qui l'enserre, renonce à trouver la sortie et reste un bon moment, plantée sur sa canne, à nous raconter les élections d'antan. Derrière moi un jeune homme bien habillé et un peu ahuri, la main droite dans une chaussette blanche, se fait expliquer par ses voisins le déroulement des opérations. Il se fait encore expliquer l'obligation de prendre tous les bulletins, va dans l'isoloir pour en ressortir cinq minutes plus tard affolé car il a jeté son enveloppe par mégarde. Il en demande une autre, on lui explique que ce n'est pas possible, engueulade de part et d'autre. On l'envoie fouiller dans la poubelle et pendant qu'il se débrouille on s'étonne de la quantité industrielle de bulletins qu'il a emporté. Le temps passe, toujours plus de monde, de questions dans les files d'attente, d'étonnement dans les regards. Vingt minutes plus tard le jeune homme pas doué ressort de l'isoloir, les poches de sa veste débordantes de papiers... et les deux mains dans des chaussettes vertes ! Il fait remarquer en passant, mais en souriant, que refaire encore la queue ne lui plaît pas. Une envie flagrante de se faire remarquer, lui et ses moufles/chaussettes tenant l'enveloppe bleue qui sent le bulletin nul à plein nez.
En sortant je me suis souvenue que je vais voter toujours à peu près à la même heure et que les fois précédentes, le peu de monde que je croisais m'attristait sur le manque d'investissement civique en général. Ce ne sera peut-être pas une journée à marquer d'une pierre blanche, mais j'ai été contente de voir ce débordement imprévu.

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17 avril 2007

Mais quand reverai-je...

La_Hague2

(Pointe du Bec de l'Ane, côte de la Hague)

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy la qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son age!

Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminee, et en quelle saison,
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage?

Plus me plaist le sejour qu'on basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaist l'ardoise fine:

Plus mon Loyre Gaulois, que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur Angevine.

Poème de Joachim Du Bellay (1522-1560),
... et aujourd'hui chanson de Ridan dont vous pouvez voir le clip fort sympathique chez "Sirenemelusine"

La_Hague

(Pointe des Treize Vents, côte de la Hague)

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02 avril 2007

Les nouvelles Héloïse

les_3_belles

(Carnaval quai de l'Arsenal et prunus du jardin des plantes, Paris)

Sur les quais de l'Arsenal à Bastille ce week-end, ambiance vénitienne. Un beau succés pour les membres de l'association "Paris Carnaval Arsenal" qui fabriquent et portent ces costumes. Et foire d'empoigne pour les visiteurs, armés d'appareils en tout genre. Quelle était la vision de ces beaux masques immobiles face à la foule râleuse, exigeante, avide d'images fortes qui se poussait des coudes et des sacs en glissant, à l'occasion, quelques paroles désobligeantes sur ceux qui n'avaient pas le déclic assez rapide ? Il manquait à tout cela une fraîcheur simple, comme celle que l'on respire, parfois, à l'ombre des jeunes filles en fleur.
(De belles images se trouvent chez "Francis","P@sc@l", "Cédric","Henri", "Tatiana", "David", "Valclair")

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26 mars 2007

Avant la pluie

Etang

(Vallée de Chevreuse, mars 07)

La nature est dans les startings blocks... nous aussi...

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19 mars 2007

Là où personne ne débarque

Biville

(Dunes de Biville, Manche, fév 07)

Ce no man's land, prolongement d'une réserve naturelle, plein d'oiseaux et de petites bêtes en tous genres, est ce qui sépare une usine de retraitement et une autre d'électricité. Et il n'y a pas si longtemps encore, cette zone servait d'entrainement pour les tirs militaires.
Malgré tout cette étendue résiste bien à l'envahisseur. Mes souvenirs de pique-nique et de marches laborieuses (le week-end) se passaient dans le sable que les explosions (en semaine) ramenaient en surface. Depuis, l'armement a diminué... et l'herbe a reconquis le terrain, figeant le paysage dans une immobilité et un silence lunaire.

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17 mars 2007

Damned !

Promeneur

Lundi et mardi seront des jours de grandes marées... et je ne serai pas là-bas !
... à cet endroit le diable a perdu....

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08 mars 2007

Des animaux et des hommes

salon_07

(Salon de l'Agriculture, mars 07)

Pour une provinciale qui a quitté son bocage normand pour le bocal parisien, aller voir le Salon de l'Agriculture n'a rien d'enthousiasmant: la cohue, le bruit, des animaux mal à l'aise. Passons sur les aspects négatifs de l'événement pour s'arrêter sur l'autre face : l'amour énorme des éleveurs pour leurs bêtes, celui des enfants pour toutes les espèces, et celui du genre humain pour la nature, qui vient ici se rassurer, voir que les régions existent encore, que les races se perpétuent, et que la campagne, la profonde, celle qui a du goût, est toujours là, de l'autre côté des murs.

Posté par lydiel à 11:22 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2007

Une quête parmi d'autres

Granville

(Granville, la vieille ville, Manche, fév 07)

L'un de mes lieux de vie rêvée : pour le sentiment de hauteur, de perspective, de force, et d'histoire qui s'en dégage. Pour cet ensemble de façades étroites qui semblent toutes faire corps face aux vents d'ouest, et ces ruelles étranglées mais adoucies par cette impression à la fois de proximité avec le voisinage et de repli sur soi.
Mais les lieux, c'est un peu comme les hommes (ou les femmes si inversement): il y a ceux dont on rêve, et ceux où l'on vit. La raison a des exigences qui l'emportent, parfois, sur celles du coeur.

Posté par lydiel à 09:17 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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